MAUVAISE ASIE !
26 mars 2012L’Asie sale.
Il est 17h25, le quartier grouille d’ouvriers et de boutiquiers affairés, quand Hue traverse la rue et est bientôt renversée par une camionnette. La caméra de surveillance qui filme la scène montre le chauffeur qui s’arrête, regarde sous son véhicule, puis redémarre, roule à nouveau sur la fillette et s’enfuit. Suivent alors sept minutes interminables pendant lesquelles 18 personnes passent à côté de l’enfant ensanglantée au milieu de la route, sans intervenir. Arrive alors un deuxième camion qui, de nouveau percute la fillette et disparaît à son tour.
Un million d’internautes dans le monde ont regardé cette vidéo atroce aux images révoltantes. L’histoire épouvantable de Wang Hue, qui échappe à la surveillance de sa mère, occupée à travailler dans une rue commerçante de Foshan, province du Guandong, en Chine. Et qui, par deux fois est percutée par des camions puis abandonnée dans son sang par dix-huit passants qui se détournent.
Comment expliquer une telle indifférence? En Chine, le débat s’enflamme sur le net et dans les médias. Et chacun y va de ses explications. La plus fréquente: c’est «l’occidentalisation» de la société, le développement du capitalisme et de son corollaire, l’individualisme, qui aurait gangrené la Chine. Et si c’était trop simple? Encore de la faute des Occidentaux!
Comme le pensait très fort Nawa, mon maître, les Japonais qui restent au Japon sont ceux qui ne peuvent pas en partir. (L’adage vaut pour l’ensemble des pays asiatiques.)
Nawa, issu de la mouvance ultra nationaliste guerrière, mouvance sure de sa suprématie raciale en particulier et de sa suprématie en tout chose en général, était revenu de tout, et surtout du Japon. Il préférait l’armagnac au saké et l’entrecôte cèpes à tous les sushis du monde, agrémenté ou pas de riz cantonnais. En bref il adorait autant la France qu’il aurait détesté vivre dans son pays le Japon. Il ne s’en cachait pas.
Revenons à l’Asie et ses «Tigres de papier», (dixit les dirigeant chinois).
- Sur le plan politique et géo politique ces pays sont des dictatures crypto-capitalistes sous le joug d’ex communistes dégénérés. Aucun semblant de libertés ou de démocratie. Se taire ou mourir! Des risques énormes, inévitables de scissions menacent d’immenses provinces, musulmanes, bouddhistes, taoïstes ou confucianistes qui se détestent, rêvent d’en découdre, aux intérêts divergents. Cela va tanguer dur dans les prochaines années.
- Sur le plan économique, ces pays ne sont pas surs! Y investir est un pari perdu. La corruption érigée en principe national. Les dangers de réappropriation, de confiscation, de destruction pendent au nez des multinationales qui pour gagner un peu maintenant perdront tout plus tard. C’est vrai que l’on y produit moins cher. Moins cher mais à une qualité moindre des produits bas de gamme. Cela ne va pas durer. Imaginer pouvoir conquérir cette immense marché est une gageure doublée de veulerie. Les Chinois s’occupent, s’occuperont très bien de leur marché eux mêmes et ne feront appel à nos services que lorsque cela les arrangera sur des types de produits pour lesquels ils n’auront pas le choix. Plutôt que de les courtiser, soyons bon chez nous et ne leur vendons pas, comme fait l’Allemagne, notre savoir faire, mais des produits à haute valeur ajouté. Un chinois milliardaire préférera toujours une Lamborghini à une bagnole japonaise. Pourquoi pas une Peugeot alors?
- Sur le plan philosophique, nous avons imaginé ces pays plus censés que nous. La science infuse des yeux bridés.
Quelle bêtise! Qui aurait pu croire aux accidents nucléaires japonais avant qu’ils n’arrivent? Le japon qui plus est, démocratique, sérieux, riche (très riche).
Le pays à la technologie soi disant la plus sure du monde, et en tous domaine…quelle leçon!
Partout en Asie, les suicides et les dépressions sont légions. Le mal être immense. L’égoïsme une vertu! Prostitution, opium, dénutrition, esclavagisme, trafic d’organes, d’enfants, prévarication, concussion, pollution, sont les maîtres mots.
- Sur le plan des arts martiaux, les communistes ont tout simplement liquidé les Maîtres et experts par peur du «surhomme». En 1950 il ne restait rien de ces soi-disant héritages millénaires culturels qui renvoyaient aussi à l’impérialisme, propre et figuré. L’attrait pour ces disciplines se fonde sur l’argent. L’argent passe par la compétition: La Chine avec deux milliards d’habitants ne risque pas de perdre. Le cinéma d’action rapporte aussi des devises, en infantilisant au passage des pratiques sérieuses.
Depuis 1980, ces régimes utilisent l’intérêt que leur portaient les Occidentaux pour se remplir les poches et s’octroyer une plus valu intellectuelle en nous vendant de l’acrobatie, du cirque, du karaté kid.
Bruce Lee a longtemps été agonie avant d’être réhabilité en 1995 par les Rouges.
(Les russes n’ont autorisé la pratique du karaté sportif qu’en 1981.)
Les experts, les quelques rares experts survivants, une poignée, ayant les moyens financiers, logistique de s’expatrier sont partis dès 1945 à la recherche de contrées plus respirables comme Hong Kong puis l’Espagne, Londres, la Californie, la France.
En fait les Asiatiques ont redécouvert, bien mal, à travers les occidentaux la plupart de leur anciennes disciplines disparus.
Quand je pense à ces couillons qui payent pour s’entraîner à Shaolin, cité millénaire des boxes mais rayé de la carte par Mao durant la longue marche et reconstruite de toute pièce en un folklore crétin ou le grand écart est de mise…, quand je pense à Pékin ou les pratiquants de Tai chi redécouvrent leur mouvement dans les parcs en singeant les illustrations de livres trop récents pour être honnête. Il est vrai que le Tai chi n’est pas vraiment subversif.
L’Asie n’est pas le paradis perdue ou l’Eldorado espéré par les naïfs que nous sommes, mais plutôt des enfers que nous appréhendons mal, hypnotisés que nous sommes par l’envie d’un ailleurs meilleur, éreinté par le quotidien morne de nos vies.
De Fukushima à la petite Hue hue, de la Corée mourant de faim de Kim Il-sung aux bordels d’état de Thaïlande, des fumeries de Macao jusqu’aux mines mangeuses d’enfant de Mandchou-rie ou du Tibet décimé, l’ Asie ne doit pas faire envie. Elle doit indigner!
Les «yeux en amandes», malins nous vendent simplement ce que nous rêvons de trouver, ce que nous fantasmons: Du new age simplet. Ils utilisent à leur profit notre bêtise crasse.
Gardez en tête la boutade un rien sarcastique qui proclame que seuls les asiatiques qui ne peuvent s’offrir une place en Occident restent en Asie.
JM R