JITSU : EVIDENCE
POLEMIQUES
Il est temps de faire le point, de mettre au net et de déblayer les tombereaux d’inepties déversés sur les arts martiaux.
D’abord veillons à ne pas confondre arts martiaux, sports de combat et Arts de survies :
- Les premiers sont de l’ordre de l’apprentissage militaire,
- Les seconds du « jeu de chat », une logique de compétition, entre jeunes gens.
- Les troisièmes, de la survie personnelle en toute situation tout au long de sa vie.
Le moins que l’on puisse dire au sujet de la compétition: Un jeu codé, arbitré, aux règles imposées, qu’elle prépare surtout à arrêter la pratique une fois passé l’age des médailles et des hochets, au moment ou l’on pourrait enfin se tourner vers les seconds, les arts martiaux, pour le restant de ses jours.
Les Arts martiaux sont intimement lié aux sports de combat ne serait ce que dans la notion de duel, mano à mano et face à face. Le code moral y est omniprésent, la hiérarchie oppressante.
Les arts de survie (Jitsu) bien compris ne demandent aucun effort physique épuisant impossible a quiconque à réaliser (disons 99 pour cent).
Ils se pratiquent avec les moyens du bord et du moment.
Pour choquer, je pourrais écrire que moins le pratiquant possède d’énergie, plus ils serait efficient.
Pas besoin d’une bonne santé, d’un « physique », juste posséder l’envie, la capacité d’enfiler son « uniforme », kimono, karategi, dobok ou tonjon, et d’aborder l’entraînement d’un tranquille échauffement d’une dizaine de minutes.
Grand écart, séries de pompes ou d’abdos à proscrire. Corde à sauter aussi : du balai.
Bien sur, je me fendrai d’une explication détaillée sur ces affirmations.
Ma définition des arts de survie serait celle-ci :
Les Jitsu sont où devraient être une méthode de combats à mains nues personnelle efficiente pour survivre.
(Mains nues ou utilisant juste les armes disponibles dans et de la nature se trouvant au coin d’une forêt : bâton, liane, ou de la rue : couvercle de poubelle).
Précisons les choses: les arts de survie doivent être un moyen pour les plus faibles de survivre,
avant de permettre aux forts de devenir encore plus forts.
Evident !
Penser qu’il faut être déjà au top physique pour accéder aux Ikari Ha (arts de survie), est élitiste voire ségrégationniste. En effet si vous n’êtes pas jeune, beau, puissant, à la condition physique impeccable, vous ne pourrez pratiquer et être efficace en cas de besoin que selon la logique évoquée plus haut.
L’idée qu’il faut être fort pour accéder aux arts de la survie,
ou tout du moins en forme et irrecevable, idiot,
l’antithèse et la négation même du but de ces disciplines qui se doivent de compenser les faiblesses physiques par le savoir issu d’une initiation la plus fréquente de maître à élève.
Attention, bodybuildés et surdéveloppés des biscotos feraient bien d’occulter les prochaines pages, ils vont y être baptisés !!!
Pourquoi ces confusions ?
Un énorme mélange des genres bouillonne : sport, arts, techniques, mental, défenses, autodéfense, attaques, voie, do ou déontologie, expressions corporelles, énergie, beauté du corps, travail foncier cardio-vasculaire, ego sur démesuré, narcissisme, canalisation d’un trop plein d’énergie, envie de domination, fantasme télécinégénique, religiosité new age asiatique, envie de violence, argent.
(Jitsu : Evidence …la Suite)
Nous assistons à l’installation d’une schizophrénie galopante des fédérations martiales /vs/sports de combats entre la technique martiale et l’entraînement à la compétition, une dichotomie aberrante !!!
Hé, grand con, face à Tyson, qu’est ce que tu ferais ?
(Ou face à Bruce Lee, à l’inspecteur Harry ? Pourquoi pas le grand sachem?)…pensent très fort, parfois, certains de mes interlocuteurs contents de leur effronterie qu’ils croient pertinente, le mot qui tue !
Je leurs réponds que Tyson guerrier martial gagnerait face à Tyson sportif dans le cadre d’un combat sans règles, que ce Tyson sportif mord quand il perd dans les règles.
Je leurs assure que je suis plus fort en pratiquant le Jitsu, que si je ne pratiquais pas, ou pratiquais autre chose.
Avant de se colleter, de se comparer à autrui, se comparer à soi même permet de penser et de mesurer sa progression.
Imaginer la différence qu’il y aurait entre soi-même pratiquant et soi-même non pratiquant est à la portée de chacun.
Franchement plus sain que de se comparer avec d’autres juste dans l’idée de savourer que l’on est plus fort.
Et si Tyson s’en prenait à mes enfants, je le tuerai, Tyson ou pas.
En oubliant que c’est Tyson.
Pour protéger ma progéniture, je serais plus bestial que lui.
Que l’on me donne juste une vraie bonne raison!
Maintenant dans les règles du noble art, sans raisons particulières, je n’irais pas le chatouiller sur un ring.
En clair, je ne boxerais pas Tyson mais je ferais tout pour lui survivre en cas de confrontation (qui n’arrivera jamais, ça se saurait…alors pas d’angoisse inutile).
Nous avons tendance à fantasmer sur des situations bizarres.
Travers dus à la TV qui nous oblige à la passivité, à subir les images, les histoires défilant sur nos écrans amplifiant nos émotions torturées.
Les méthodes de survie sont faites pour survivre, du terre à terre, pas pour calmer des angoisses télévisuelles, ni pour flatter un ego démesuré qui voudrait que l’on soumette sans raison n’importe qui juste pour se prouver que sa discipline est la meilleure de toute.
Méthodes de survie très sûrement bonnes quand la mort est en marche, mais mauvaises pour l’obtention d’une médaille ou pour vaincre “en jouant”sur un lieu d’affrontements qui n’est pas le notre:
Le ring, le tatamis, ou le terrain de tennis.
Je leur répondrai qu’un élève admire son prof est ne l’attaquera jamais à fond,
que celui-ci peut pour briller peut accélérer le rythme et jouer de la bonne volonté en cassant son élève,
qu’un « Sensei », un Hasha, un Saakan, doit s’adresser à un de ses pairs pour rester dans la logique d’une confrontation.
Un gamin de 10 ans peut il riposter aux flèches d’un Jésuite sur la religion ?
Un Athée lettré sûrement !
Enfin je répondrai que pour tester la carrosserie de sa voiture, on ne la jette pas contre un mur, ou on ne lui colle pas un coup de pied tous les jours:
On analyse, on extrapole, on imagine, on s’adapte.
Le coup de poing sur la gueule angoisse, il stresse, et ne rends pas la pratique agréable.
Ne pas arriver à poser une technique reste la seule sanction pour soi admissible.
Moucher rouge nous renvoie au sado masochisme des années 70 ou il fallait se faire mal … pour ne plus être la maintenant..
Arts énergétique magique ou méthode de combat ? L’ambiguïté ressurgit, comment appeler « Art » une méthode de survie ?
Qu’est ce que cela cache ?
Sûrement l’envie de dépasser le coté utilitaire pour s’engager dans une recherche personnelle ?
Débarrassons nous des inepties habituelles telle que le « travail de l’énergie ».
Avez-vous remarqué que lorsque un interlocuteur parle de « recherche énergétique », tout le monde semble le comprendre ?
En fait, ceci est un concept bateau, l’auberge espagnole des lieux communs de la connerie sémantique,
ou l’on peut prétendre à la recherche de n’importe quoi:
Philosophie pipeau de new age de bazar !
Redevenons sérieux :
Un quidam expliquant qu’il pratique par peur des agressions passe pour un réactionnaire peureux en pleine régression.
Je respecte absolument ces motivations primales de détresses, cette obsession de ne plus vouloir déléguer sa sécurité, moteur puissant qui débouchera sur d’autres recherches une fois l’angoisse calmée.
Aussi est il logique de dire que l’on s’inscrit dans une logique énergétique, ésotérique, voire philosophique, (pour justifier de cette culpabilité liée à l’auto défense synonyme de régression)
qui veut tout ou rien dire.
Donc, la démarche première est bien d’apprendre à se défendre.
Ensuite, une fois la boulimie de techniques « efficaces » calmée, l’envie d’en savoir plus peut devenir recherche, Voie, puisque la progression devient envie de maîtriser, de savoir « sans but lucratif »,
et sans recherche non plus de soulager un besoin immédiat.
En effet, l’état d’urgence passé, la plupart des moyens de se sortir d’un conflit ne seront heureusement jamais utilisés et resteront de l’ordre de la recherche fondamentale.
Enfin beaucoup pratiquent pour devenir fort mais sans aimer leur discipline, d’autres espèrent être remarqué pour devenir acteur martial.
Ceux la font fausse route et abandonneront vite.
Si l’on n’aime pas sa pratique, réellement, au fond de son coeur et de ses tripes, la pratique ne vous apportera que des désillusions.
(JITSU : Evidence ..fin – Le sport)
Pancrace, pugilat, escrime, lutte, ou plus proches de nous dans le temps, savate, canne, et bien sur toutes les formes de boxes anglaises, françaises, thailandaises, américaines, kick, birmanes, MMA, grapling
les affrontements sportifs sont légions depuis l’aube des temps.
Rudes, parfois mortels,
ils sacrifient malgré tout aux lois du sport qui sont de protéger l’intégrité physique de l’adversaire.
Ils sont un dérivatif puissant, un canalisateur de la violence du public.
Résumons :
Qui parle sport pense compétition, donc duel dans les règles sous contrôle arbitré,
confrontation à date et heure connus, avec possibilité d’abandon, en cas de difficulté: Jet de l’éponge.
La limitation des techniques, les catégories de poids imposent de compenser par des aptitudes physiques époustouflantes réservées à notre belle jeunesse.
Il est compréhensible que les règlements sportifs limitent et codifient le duel pour éviter l’accident,
mais le duel appauvrit aussi l’art martial au travers du sport.
Le duel, le face à face « mano à mano » est quasiment inconnu des bagarres ou des rixes
pour la bonne raison qu’un agresseur quel qu’il soit ne veut pas lutter,
il veut vous battre,
vous tuer,
vous voler,
vous violer, vous faire taire…
et fera en sorte de vous agresser au bon moment le dos tourné, armé, à plusieurs,
sauf « coup de grisou » du moment.
En fait, l’opposé du duel sportif réglementé et imposant de faire preuve d’un semblant de respect pour celui que vous rêvez quand même d’envoyer aux fraises.
Le sportif pratiquant d’un sport de combat ne fera pas face aussi facilement dans une situation sortant de la normalité de sa discipline.
Il n’est pas conditionné pour cela!
Bien sur, un sport de combat aide,
mais ne remplace pas l’art martial dans une situation d’affrontement non sportif…
Pour être efficace,
le pratiquant doit impérativement passer par la case « étude et pratique du cas spécifique ».
Ne vous imaginez pas que vous pourrez désarmer un individu si vous n’avez pas appris et répéter régulièrement le bon mouvement.
L’inverse est vrai !
Un adepte des techniques guerrières de survies individuelles aura bien du mal à vaincre
dans les règles imposées d’un sport de combat.
Conclusion : Sport versus arts martiaux sont l’opposition absolue,
extraversion contre introspection.
Gloire contre humilité.
Fric contre pratique sans logique financière
C’est la concurrence face à l’émulation et l’entraide.
Et les Budo, sport ou survie ? Depuis un demi siècle se débat agite les pratiquants. Je vais répondre simplement : La compétition permet l’octroi de subventions, des passages à la TV,
de récupérer des gamins en cours enfants, donc des cotisations.
La compétition est un jeu, seulement un jeu, un défouloir. On y fait « mumuse ».
Comment peut on vouloir gagner à tout prix
et se mettre dans de tels états de transe pour vaincre quelqu’un qui ne vous a rien fait,
tout en le respectant, et en jouant ? (Certains compétiteurs se font gifler par leur coach pour faire monter la haine…).
L’argent ?
Un ego démesurément boursouflé ?
Oui,
à force de croire sincèrement, naïvement que l’on est le plus fort du monde
grâce à une babiole dessinée en médaille
et penser que le petit coup de poing sur la gueule que l’on a pris “en compète”
est du calibre du champ de bataille, de l’agression et de la survie !
Pauvres gosses,
souhaitons leur de ne jamais chauffer les oreilles d’un Sensei.
D’ailleurs, quel jeune champion de ces dernières années est devenu un Maître que l’on suit et écoute ?
La réponse est qu’il n’y en a pas !
Une fois la babiole décrochée, plus rien, nada, reconversion !
Hélas, la gagne sportive n’est qu’ersatz face à l’art martial.
Et tant pis pour les subventions accordés au sport.
Le sport s’arrête là ou l’art martial commence!